Arshaad
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| Fri Nov 24, 2006 12:51 pm Asraf Dullul a l"ICAC |
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Asraf Dulull, le ministre des Terres et du Logement, a été interrogé hier après-midi par les limiers de l’Independent Commission against Corruption (Icac). Cela dans le cadre de l’enquête de la commission sur les allégations de pot-de-vin formulées contre lui et l’homme d’affaires Rafiq Peermamode par les responsables de Bel-Air-Sugar-Estate (BASE). Confronté à ces allégations, le ministre a, en présence de son homme de loi, Me Raouf Gulbul, nié avoir réclamé un pot-de-vin pour faire avancer le projet d’Integrated Resorts Scheme de BASE.
Nous apprenons qu’Asraf Dulull a fait sa déposition à l’Icac “under warning” (l’avertissement d’usage donné aux personnes faisant l’objet d’interrogatoire, les informant que leurs déclarations peuvent être utilisées comme preuves contre elles au cours d’éventuelles poursuites). Il n’a, du reste, pas objecté à ce que les enquêteurs de l’Icac procèdent à la vérification de ses relevés téléphoniques (ils s’intéressent aux contacts entre lui et Peermamode) de même qu’un certain nombre de documents ayant trait à la demande de BASE. Il a, en outre, affirmé qu’il se tiendrait à la disposition des enquêteurs.
Le ministre Dulull a, dans une déclaration officielle transmise par son porte-parole, hier fait ressortir que: “Je me suis rendu à l’Icac dans le cadre de l’affaire BASE, j’ai maintenu ma déposition faite au CCID dans son intégralité et les enquêteurs m’ont posé quelques questions. J’ai toujours collaboré pleinement avec les institutions afin que la lumière soit faite car il n’y a qu’une vérité.”
Le ministre a quitté les locaux de l’Icac vers 15 heures. Les limiers de la commission anti-corruption n’écartent pas la possibilité qu’il soit appelé à s’y rendre de nouveau pour un complément d’enquête. Celle-ci, tenons-nous de sources bien informées, est presque terminée. Et l’Icac devrait être prochainement en mesure de faire ses recommandations avant de remettre le dossier au Directeur des Poursuites Publiques (DPP). Il incombera à ce dernier de décider s’il y a matière à poursuite.
Cette affaire a éclaté en avril à la suite d’une déposition d’Anil Nemchand, responsable des relations publiques (public relations officer) de BASE, à la police. Il y allègue que l’homme d’affaires et concessionnaire de voitures, Rafiq Peermamode, lui aurait réclamé un pot-de-vin de Rs 50 millions au nom du ministre des Terres, Asraf Dulull, pour faire avancer un projet IRS soumis par Bel-Air-Sugar-Estate.
Selon les premiers éléments de l’enquête, BASE a fait, en 2001, une demande de location à bail de pas géométriques à Rivière-des-Anguilles auprès du ministère du Logement et des Terres. Deux projets hôteliers et un parcours de golf de championnat de 18 trous y seraient réalisés.
Au cours de 2005, de nombreuses réunions se tiennent entre la direction de BASE et le comité technique responsable du projet. En novembre de la même année, BASE est invité à faire une présentation Powerpoint de son projet au fast track committee. Celui-ci est présidé par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Environ trois semaines plus tard, le ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, accompagné des députés de la région, Pradeep Peetumbur et Shakeel Mohamed, procède à une visite des lieux.
C’est en décembre 2005 qu’Anil Nemchand aurait reçu un appel de Rafiq Peermamode, qui cherchait, semble-t-il, à savoir si BASE avait des projets de développement hôtelier en vue. L’homme aurait dit avoir appris, lors d’un dîner réunissant certaines personnalités politiques, que BASE éprouvait des difficultés pour faire aboutir ses projets hôteliers et IRS. Il aurait ainsi déclaré être un ami du ministre Dulull et de bien d’autres membres du gouvernement et aurait proposé de l’aider.
En vue d’accélérer les démarches, Rafiq Peermamode aurait obtenu un entretien avec le ministre pour Patrick Rountree, le directeur de BASE. L’homme d’affaires aurait également assisté à cette réunion qui s’est tenue à Moorgate House, Port-Louis.
Le 24 mars 2006, Nemchand se rend au bureau de Rafiq Peermamode, à Port-Louis. Ce dernier lui aurait déclaré avoir rencontré Asraf Dulull. Il allègue que le ministre l’aurait “informé” que si BASE versait Rs 50 millions pour le projet, il (le ministre) finaliserait les papiers y relatifs dans un délai de dix jours.
L’enquête policière aboutit à l’inculpation de Rafiq Peermamode pour trafic d’influence. A la police, l’homme nie avoir réclamé un pot-de-vin. Le ministre, interrogé, sera, lui, mis hors de cause. De l’avis du principal enquêteur dans l’affaire, Asraf Dullul n’a pas été arrêté puisqu’il n’y avait pas matière à poursuite contre lui.
La police a ensuite transmis le dossier à l’Icac pour enquête. Au cours de son interrogatoire par cette brigade, Peermamode maintient la version donnée à la police. |
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