Arshaad
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| Sun Dec 17, 2006 11:16 pm Les petards de Navin ... |
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LA CHRONIQUE…… DE NAD SIVARAMEN
Les pétards que lance le PM
«On ne peut jamais prédire d’où vient le vent, mais on devrait toujours laisser ses fenêtres ouvertes. » Ce vieux proverbe chinois semble guider Navin Ramgoolam depuis son retour au pouvoir. Le résultat est impressionnant : il contrôle aujourd’hui tous les rouages du pouvoir, sur l’ensemble du territoire de Maurice, y compris à Rodrigues, où il cultive d’excellentes relations avec le Mouvement rodriguais.
Navin Ramgoolam s’érige en un redoutable stratège politique. Et rarement n’a-t-on vu un Premier ministre aussi puissant, aux commandes de tous les leviers du jeu politique. Et il ne s’en prive guère pour étendre son pouvoir et pour démobiliser ses adversaires.
Sa réussite aux législatives de juillet 2005, il l’a bâtie sur les réalités bien mauriciennes, en misant pleinement sur le principe ethnique et sur les idéologies traditionnelles du Parti travailliste. Il s’est présenté comme celui qui allait « rendre le pouvoir au peuple ». Aidé par des groupuscules, dont la présence hétéroclite assurait surtout la forme (d’une alliance sociale regroupant toutes les couches de la population, attention particulière à la communauté musulmane), il a « arraché » le pouvoir à un Paul Bérenger défavorisé à la fois par son épiderme et ses orientations économiques, aujourd’hui triste détenteur dans l’histoire du plus court mandat premierministériel. Ce faisant, il a réussi l’exploit de pousser dans l’opposition et le MMM et le MSM, prouvant du coup que l’équation 2 contre 1, formule mathématique jusqu’ici infaillible, ne gagnait pas toujours.
Profitant de ses 100 premiers jours fastes, et de la confusion au sein des rangs dispersés de l’opposition, Navin Ramgoolam a organisé et remporté, dans la même vague populiste, les municipales et les villageoises. La suite on la connaît l’opposition s’est retrouvée émiettée. Plus d’une année plus tard, elle continue à se détruire, à se faire violence…
Et aujourd’hui, c’est un Paul Bérenger meurtri qu’on retrouve. Le leader mauve, délesté de son poste constitutionnel de leader de l’opposition (un autre record de brièveté), n’a aujourd’hui plus envie (!) de se rendre au Parlement, lieu où jadis il menait la fronde, orchestrait la déstabilisation, acculait le gouvernement. Ses excuses pour tenter de justifier son absence ne tiennent pas la route et sont indignes de son propre statut de chef de file. Paul Bérenger donne ainsi l’impression d’être un homme démotivé, désorienté, qui ne voit pointer aucune perspective de pouvoir dans l’état actuel des données.
Pravind Jugnauth, lui, voit plus loin.
À son âge, il peut se le permettre. Il dit partout que le MSM formera le prochain gouvernement. S’il n’attaque pas l’Icac eu égard à l’affaire Gunness, c’est qu’il veut clairement afficher ses distances et son mépris vis-à-vis du MMM. Il tient Paul Bérenger responsable de la défaite de l’alliance MSM-MMM. Du coup, il semble vouloir prouver qu’il peut lui aussi en découdre avec lui.
Ces postures politiciennes sont liées aux manœuvres de Ramgoolam.
Depuis le début de 2006, le Premier ministre joue avec tout le monde, avec ses partenaires de l’Alliance sociale, avec les partis de l’opposition. Il ne veut négliger aucune case pour régner sans partage sur l’échiquier et ce, sans avoir à dépendre uniquement de ses amis d’aujourd’hui.
Un récent exemple de sa tactique : il a démontré qu’il conserve de bonnes relations avec le président de la République, partageant de longues plaisanteries avec lui à Plaine-Verte, lors de la fête Eid, faisant du coup oublier le discours acide de sir Anerood Jugnauth tenu lors de Divali.
Navin Ramgoolam chasse ainsi sans relâche la moindre ombre qui pourrait nuire à son tableau de chasse. Ainsi tout en ciblant Ajay Gunness, le rare MMM à briller dans une circonscription rurale, il flatte, à Triolet, la participation « constructive » du MSM lors des travaux parlementaires. Il est évident que ses propos flatteurs vis-à-vis du parti de Pravind Jugnauth sont purement circonstanciels ; histoire de fragiliser les relations entre les deux partis de l’opposition. Certes son discours évoluera plus tard. Navin Ramgoolam n’est pas dupe au point de donner un coup de main à celui-là même qui a le profil type pour le remplacer un jour aux affaires.
À l’intérieur de son gouvernement, Ramgoolam ne se montre non moins rusé. Tout en prônant une stratégie d’ouverture économique que pilote Rama Sithanen, il donne sa bénédiction à un comité de démocratisation de l’économie, que défendent Rajesh Jeetah et Nita Deerpalsing. Aussi tout en confiant un certain nombre de dossiers-clés au PMXD de Xavier Duval, il arrive à calmer le PMSD de Maurice Allet (pourtant déçu que son parti n’ait pas bénéficié de la récente valse des maires), en faisant miroiter à celui-ci la perspective d’un hypothétique fauteuil ministériel. Avoir des ministrables en attente sert aussi à rabattre le caquet aux actuels locataires du cabinet et autres frustrés du Square Guy Rozemont.
Solidement ancré à l’hôtel du gouvernement, Navin Ramgoolam s’occupe, comme il le dit, « aussi bien de ses amis que de ses ennemis ». Serein, plus fort que jamais, il sait qu’il a de quoi faire pavoiser toute la classe politique. Après une telle année 2006, il n’oublie pas les fêtes : il a déjà allumé les mèches des pétards que notre opposition se balance. Avec cette opposition qui se chamaille à cause de ses petits problèmes personnels, Navin Ramgoolam peut festoyer. |
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